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BPU et DPGF : comprendre et remplir les bordereaux de prix d'un marché public

BPU, DPGF, DQE : à quoi servent les bordereaux de prix d'un marché public, comment les remplir sans erreur et éviter le rejet de votre offre.

Par Romain Fumeron · CEO & Cofondateur — Tech & Commercial11 juin 2026
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Bordereaux de prix BPU et DPGF d'un marché public

Le mémoire technique séduit, les références rassurent, mais c’est souvent sur le bordereau de prix que se joue l’attribution. BPU, DPGF, DQE : ces sigles désignent les pièces financières qui transforment votre proposition en un engagement chiffré et contractuel. Mal les comprendre, c’est risquer une offre irrégulière, un total faux ou un prix qui vous condamne dès l’ouverture des plis. Bien les maîtriser, c’est sécuriser votre marge tout en restant compétitif.

Ce guide s’adresse à toute entreprise qui répond à des marchés publics, en travaux comme en services ou en fournitures. Il clarifie ce que recouvre chaque document, quand l’acheteur impose l’un ou l’autre, et surtout comment les remplir sans commettre les erreurs qui font perdre des marchés gagnables par ailleurs.

Où se situent les bordereaux de prix dans le DCE

Les pièces financières font partie du dossier de consultation des entreprises, au même titre que le règlement de la consultation, le CCAP et le CCTP. Elles accompagnent l’acte d’engagement (ex-DC3, aujourd’hui formulaire ATTRI1) qui porte le montant global de votre offre.

Concrètement, l’acheteur fournit un cadre vide à compléter : un fichier tableur, parfois protégé, dont vous ne devez modifier ni la structure ni les intitulés. Votre travail consiste à renseigner les prix, pas à réécrire le document. Avant même d’ouvrir ce cadre, prenez le temps d’analyser méthodiquement le DCE : le type de prix retenu y est annoncé et conditionne toute votre démarche de chiffrage.

Le DPGF : décomposer un prix global et forfaitaire

La décomposition du prix global et forfaitaire (DPGF) accompagne les marchés à prix forfaitaire. Le principe : vous vous engagez sur un montant global pour réaliser une prestation définie, quelles que soient les quantités réellement nécessaires pour l’atteindre.

Le DPGF détaille comment vous arrivez à ce montant. Chaque ligne correspond à un poste ou un ouvrage, avec une quantité, un prix unitaire et un montant (quantité multipliée par prix unitaire). La somme des montants constitue le total de votre offre, celui qui sera reporté dans l’acte d’engagement.

Le point clé, souvent mal compris : dans un marché forfaitaire, les quantités du DPGF sont indicatives de votre raisonnement, mais c’est le prix global qui vous engage. Si vous avez sous-estimé un métré, vous réalisez quand même l’ouvrage au prix forfaitaire annoncé. Le risque quantité pèse sur vous. C’est pourquoi le DPGF est central dans les marchés de travaux du BTP, où une erreur de métré se paie comptant sur la durée du chantier.

Le BPU : des prix unitaires sans quantités

Le bordereau des prix unitaires (BPU) répond à une logique inverse. Il liste un catalogue de prestations avec, pour chacune, un prix unitaire hors taxes, mais sans quantités. Vous ne vous engagez pas sur un montant total : vous fixez le prix de chaque unité d’œuvre.

Ce format est la règle dans les marchés à bons de commande et les accords-cadres, où l’acheteur ignore au moment de la consultation le volume exact qu’il commandera. Il commande au fil de l’eau, et vous facturez les quantités réellement exécutées au prix unitaire de votre BPU. Ici, le risque quantité bascule du côté de l’acheteur : s’il commande peu, vous facturez peu.

Le BPU est une pièce contractuelle : ses prix s’appliquent pendant toute la durée du marché, sous réserve des clauses de révision. Soigner sa cohérence est donc un enjeu de marge sur plusieurs années, pas seulement de notation.

Le DQE : l’outil de comparaison des offres

Si le BPU n’a pas de total, comment l’acheteur compare-t-il deux candidats ? Avec le détail quantitatif estimatif (DQE). L’acheteur applique des quantités prévisionnelles identiques pour tous aux prix de chaque BPU. Le total obtenu, propre à chaque candidat, sert à noter le critère prix.

Retenez la distinction : le DQE compare, le BPU facture. Le DQE est un scénario fictif, sans valeur contractuelle ; le marché réel se déroulera sur des quantités différentes. D’où une tentation à manier avec prudence : déséquilibrer ses prix pour gonfler artificiellement les lignes peu sollicitées par le DQE et minorer les lignes massivement commandées. Cette pratique, dite de prix « stratégiques » ou déséquilibrés, est repérable et peut être sanctionnée comme une offre irrégulière.

Prix forfaitaire ou prix unitaire : ce que cela change pour vous

Au-delà du format des fichiers, le vrai sujet est la nature du prix, définie par le CCAP et encadrée par le Code de la commande publique :

  • Le prix forfaitaire (DPGF) rémunère une prestation globale pour un montant fixe. Vous portez le risque sur les quantités. Idéal quand le périmètre est précisément défini par le CCTP.
  • Le prix unitaire (BPU) rémunère chaque prestation à la quantité exécutée. L’acheteur porte le risque volume. Adapté aux besoins répétitifs ou imprévisibles.

Un même marché peut combiner les deux : une partie forfaitaire pour le socle, une partie à prix unitaires pour les prestations variables. La question de l’actualisation et de la révision des prix se pose dans les deux cas, surtout sur les marchés pluriannuels : c’est un volet à traiter avec les autres clauses financières du marché (avances, acomptes, retenue de garantie).

Comment remplir un BPU ou un DPGF sans se faire piéger

La rigueur de remplissage compte autant que le niveau de prix. Les écueils les plus fréquents :

  1. Ne modifiez jamais la trame imposée. Ajouter, supprimer ou renommer des lignes du cadre fourni est une cause classique d’irrégularité. Si une cellule est verrouillée, c’est volontaire : respectez-la.
  2. Ne laissez aucune ligne vide. Une prestation non chiffrée est interprétée comme une offre incomplète. Si une ligne ne vous concerne pas, suivez les consignes du règlement de la consultation plutôt que de l’effacer.
  3. Vérifiez chaque calcul. Sur un tableur non protégé, une formule cassée ou un arrondi mal géré fausse le total. Recalculez la somme à la main avant l’envoi.
  4. Assurez la cohérence entre les pièces. Le total du DPGF doit correspondre au montant de l’acte d’engagement. En cas d’écart, la pièce qui prévaut est désignée par le règlement de la consultation, mais une divergence non justifiée fragilise l’offre.
  5. Restez aligné sur le CCTP. Vos prix doivent couvrir exactement les prestations décrites. Un poste du CCTP absent de votre chiffrage, ou un prix qui ne couvre pas la sujétion technique attendue, se retourne contre vous en exécution.
  6. Méfiez-vous des prix nuls ou dérisoires. Au-delà du risque d’offre anormalement basse, un prix incohérent attire l’attention de l’acheteur sur l’ensemble de votre proposition.

Une incohérence majeure, une omission ou un prix manifestement déséquilibré peut faire basculer votre proposition dans la catégorie des offres irrégulières ou inacceptables, avec à la clé un rejet, parfois sans possibilité de régularisation.

Fixer le bon prix, pas seulement le remplir correctement

Remplir proprement le bordereau ne suffit pas : encore faut-il que les prix gagnent le marché sans détruire votre marge. Or beaucoup d’entreprises calent leur chiffrage sur leur seul coût de revient, sans visibilité sur le niveau réel du marché.

C’est là que les données ouvertes changent la donne. Les montants effectivement attribués sur des marchés comparables sont publics, et permettent de positionner vos prix unitaires par rapport à une réalité observable plutôt qu’à une intuition. Nous détaillons cette méthode dans notre guide sur le chiffrage d’un appel d’offres avec les données ouvertes : c’est le meilleur rempart contre deux écueils symétriques, le prix trop haut qui perd le marché et le prix trop bas qui déclenche une demande de justification.

Comment Remporte sécurise vos bordereaux de prix

Remporte automatise la partie la plus chronophage et la plus risquée de la réponse : l’extraction des postes du CCTP, le pré-remplissage cohérent du BPU ou du DPGF, et le contrôle de cohérence entre les pièces financières et l’acte d’engagement. La plateforme signale les lignes oubliées, les totaux incohérents et les prix atypiques avant l’envoi, et ancre vos propositions de prix sur les données réelles du marché. Vous gardez la main sur la décision commerciale ; l’outil élimine les erreurs mécaniques qui coûtent des marchés gagnables.

Conclusion

BPU, DPGF et DQE ne sont pas des formalités tableur : ce sont les pièces qui transforment une intention commerciale en engagement contractuel et qui décident, ligne par ligne, de votre note prix. Maîtriser leur logique, c’est savoir quand vous portez le risque quantité, comment remplir le cadre sans le rendre irrégulier, et comment fixer un prix à la fois compétitif et défendable. La discipline de remplissage protège l’offre ; l’ancrage sur des données de marché protège la marge. Les deux se travaillent en amont, jamais la veille de la remise.


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// FAQ

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre BPU et DPGF ?

Le DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) contient des quantités et aboutit à un montant total qui engage votre offre forfaitaire. Le BPU (bordereau des prix unitaires) ne contient que des prix unitaires, sans quantités : il sert de référence pour facturer les prestations réellement commandées, typiquement dans un marché à bons de commande.

À quoi sert le DQE ?

Le détail quantitatif estimatif applique des quantités prévisionnelles aux prix de votre BPU pour produire un montant comparable entre candidats. Il sert uniquement à noter le critère prix : il n'a pas de valeur contractuelle pour le paiement, contrairement au BPU.

Peut-on mettre un prix à zéro dans un BPU ou un DPGF ?

C'est risqué. Un prix nul ou dérisoire sur une prestation réelle peut être analysé comme une offre anormalement basse, ou rendre l'offre irrégulière si le règlement de la consultation l'interdit. Mieux vaut répartir vos coûts sur l'ensemble des postes de façon cohérente.

Que se passe-t-il en cas d'écart entre le DPGF et l'acte d'engagement ?

Le règlement de la consultation indique en général quelle pièce prévaut. Souvent c'est le montant de l'acte d'engagement qui fait foi, le DPGF servant de simple décomposition. Un écart non justifié peut toutefois conduire l'acheteur à demander une rectification ou à écarter l'offre.

// SOURCES

Sources

  1. [01] Le prix dans les marchés publics, guide - DAJ, ministère de l'Économie · 2023 Officiel
  2. [02] Code de la commande publique, articles R2112-1 et suivants - Légifrance · 2024 Officiel
  3. [03] CCAG Travaux, prix et règlement des comptes - Légifrance · 2021 Officiel

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